Être un élu local, c'est avant tout d'avoir le sens des gens !
12 Novembre 2014
Chers amis,
Cette cérémonie annuelle conserve une émotion palpable. La Grande Guerre a été un traumatisme national qui ne perd rien de son actualité, cent ans après.
Je vous laisse découvrir mon discours, qu'il serve aux générations futures.
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Chers citoyens d’une France Libre d’écrire son avenir !
Ce discours est un discours de forme, pas de fond.
Car quels que soient les mots, les tournures, les exercices linguistiques, ils ne resteront que des mots, ils ne ressusciteront pas nos morts, ils ne retireront pas la peine et la misère que des millions de Françaises et de Français ont connues dès le 3 août 1914, il y a cent ans !
En suivant méthodiquement les cérémonies du Centenaire, j’ai pu apprendre quelques anecdotes, je pense tout naturellement à cette famille bretonne, les RUELLAN, 15 enfants, 10 frères mobilisés, 7 payent le prix du sang, je comprends qu’à l’aube de la guerre suivante, la France ait érigé en symbole, ce sacrifice d’une famille de France.
Je pense aussi au soldat Augustin TREBUCHON, mort le 11 novembre 1918 d’une balle en pleine tête, 15 minutes avant le clairon de l’Armistice !
Saleté que la guerre, saleté que cette boucherie qui a jeté sur les champs de bataille, nos familles : des paysans, des ouvriers, des immigrés, des indigènes !
Ces gens sont nos ancêtres, nous avons tous une raison ce matin de vibrer d’émotion, de sentir sa gorge sèche, de repenser aux histoires de famille parce qu’au détour d’une vieille armoire, sommeille un casque, une photo en uniforme, un livret militaire, une correspondance de guerre…
Je ne peux m’empêcher de penser que leur mort c’est notre liberté. Leur histoire, c’est la notre, pour toujours.
Nous continuerons de la porter fièrement comme un fardeau car eux n’ont pas eu d’autre choix que d’avancer et périr au nom de la Patrie.
J’ai souhaité que Montévrain soit, avec des milliers de collectivités, partie prenante même s’il m’apparaît plus opportun de préparer avec dignité, le centenaire de l’Armistice de 1918.
Je l’ai souhaité car notre ville, qui était un village alors de moins de 600 habitants, a payé son tribut, en hommes mais aussi en mobilisation, en réquisition, en dommages de guerre.
Rappelons nous que « D’Alembert » a été un hôpital de guerre, vous découvrirez d’ailleurs au travers de l’exposition à la médiathèque un modeste témoin de cet épisode.
Rappelons aussi que notre cimetière a été une ligne de front au plus fort de la bataille de la Marne, nous étions alors l’un des remparts qui devait se sacrifier si nécessaire pour sauver la capitale et ne pas revivre l’humiliation de 1871.
Je profite de cet instant pour remercier l’ensemble des acteurs qui se sont mobilisées pour faire vivre notre exposition :
J’ai souhaité que nous participions fortement à cette commémoration par tradition, par mémoire et par fidélité.
Le siècle qui s’est achevé, était un siècle de haine, ce n’est pas moi qui l’ai dit, mais le philosophe Elie WIESEL en 2004, dont l’enfance a été marquée par l’incarcération à Auschwitz puis Buchenwald, où sa mère, son père et une de ses trois sœurs ont été exterminés.
Nous sommes entrés dans un nouveau temps depuis 2008, 90 ans après l’Armistice, c’était la première cérémonie sans Poilu survivant.
Mes chers amis, la mémoire s’étiole dès que les témoins disparaissent et c’est lentement que l’oubli prend le dessus.
L’oubli… l’anesthésie…
Alors oui, lorsque je vois la République bafouée au quotidien, par des incivilités, pas des crimes, pas des grèves illégitimes, par des coups de force, suivez l’actualité…
Je suis inquiet !
Quand je vois l’inertie de certains de nos décideurs, actuels, autant que pouvaient l’être certains d’alors qui nous ont convaincus que la guerre serait finie pour Noël 1914
Je suis inquiet !
Nous avons grandi tous ou presque, dans une France en paix, une France sure de ses frontières, une France dynamique.
Que nous en reste-t-il désormais alors que la haine, l’égoïsme, l’individualisme foulent les valeurs de notre République ?
Je suis inquiet mais je suis aussi déterminé. Jusqu’au bout, je m’attacherai à défendre ces valeurs, NOS valeurs – LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, ne serait-ce que pour ceux qui ont fait le sacrifice ultime en n’en profitant jamais !
Alors, comme il est d’usage,
Aux morts, la Patrie reconnaissante
Je vous remercie