Être un élu local, c'est avant tout d'avoir le sens des gens !
8 Avril 2014
Discours de Christian ROBACHE
Conseil d’installation de Marne et Gondoire
Le 7 avril 2014
Chers Amis,
Cher Michel,
Les élections municipales de mars dernier ont redessiné la carte politique du territoire.
Naturellement, les élus expérimentés comme les nouveaux que nous accueillons chaleureusement ce soir, se posent de nombreuses questions légitimes sur l’intercommunalité et nous avons le devoir d’y répondre, collégialement.
Depuis plus de dix ans désormais, Marne et Gondoire se structure autour de grands projets, réunit de plus en plus de communes. Chacune ayant sa spécificité et apportant sa pierre à l’édifice.
Depuis plus de dix ans, les élus apprennent à se connaître, à échanger, à maitriser les transferts de compétences. Bref, l’intercommunalité a progressivement pris sa place dans le paysage territorial local.
Mais voilà, au bout de dix ans, même si les projets sont nombreux, nous ne pouvons faire l’impasse sur un bilan… dans un esprit constructif bien sur.
Nous sommes ici présents avec un seul et même intérêt : servir le territoire.
La question étant de savoir comment ?
Un préalable idéal avec ce mandat qui commence, serait de se mettre autour d’une table, non pas pour voter mécaniquement, mais pour définir le cercle précis des compétences que nous voulons transférer définitivement à Marne et Gondoire.
Au gré des échanges que j’ai eu avec la plupart d’entre vous, les besoins se sont exprimés : Certains parlent de la petite enfance, d’autre de la culture, du sport, de l’urbanisme ou bien même, de la sécurité …
Alors, je te pose une première question Michel : Comment comptes-tu mettre en œuvre cette concertation ?
Parlons mutualisation. C’est le maître-mot des intercommunalités, pourtant, de nombreuses carences se font sentir dans le partage et la mise en synergie des politiques communales.
Rentilly demeure une structure sous-exploitée. C’est d’un centre de ressources accessible à tous dont nous avons besoin, les petites communes comme les grandes. Inspirons-nous de la mise en réseau des bibliothèques qui tire l’ensemble de nos communes vers le haut !
Là encore, mes échanges avec la plupart d’entre vous guident mes propos : un appui juridique pour tous, une politique intercommunale du recrutement, la mutualisation des archives,… autant de piste de réflexion que nous ne pouvons ignorer.
Alors Michel, là encore, je t’interroge à nouveau : Comptes-tu aller dans la voie de la mutualisation ?
Marne et Gondoire souffre d’une insuffisance de démocratie participative, il n’y a pas assez de consultation et d’interaction avec les administrés, j’en veux pour preuve le rare espace d’expression « populaire » à l’issue du conseil communautaire – tard - lors des prises de paroles entre le public et le président…
Quand bien même, les maires ont leur part de responsabilité, la communication sur l’intercommunalité demeure insuffisante, tant auprès de nos partenaires que des administrés.
L’intercommunalité doit être une opportunité d’expression pour tous.
Voilà une nouvelle question qui se présente, Michel. Quels moyens utiliseras-tu pour rapprocher l’intercommunalité des citoyens ?
Et demain, avec qui allons-nous travailler si on nous force à nous unir ?
La Brie Boisée, le Val d’Europe, Marne-et-Chantereine, le Val Maubée…
Là encore, Michel, un tour de table s’impose car les maires s’interrogent et ce sujet développe beaucoup d’inquiétudes !
Une ultime question Michel - c’est la soirée, excuse-moi...
Comment et avec qui, nous organiser, dès demain, pour lutter efficacement contre le diktat d’EPAMARNE ?
Sur ce sujet, je n’ai pas besoin de te rappeler à quel point il me tient particulièrement à cœur…
J’attends de réelles réponses à ces interrogations pour guider notre vote ce soir …
***
Tout le monde craint la « politisation » de notre intercommunalité, mais ; mes chers amis, cher Michel ; il ne faut pas la craindre, il faut la préparer.
Tout comme il faut préparer l’avenir de notre intercommunalité.
Oui, la politisation est inéluctable et nous devons en amont éviter qu’elle soit néfaste, animée par des esprits claniques, revanchards et finalement sectaires.
Nous ne pouvons nous permettre d’inféoder le développement du territoire à des intérêts partisans.
Notre mobilisation doit rester généreuse, participative et respectueuse de l’identité de chacun.
Voilà pourquoi, Montévrain ne remettra pas en cause la représentativité que certains dénoncent, parce qu’il ne méprise pas les grandes communes sans ignorer les petites.
Mais, je serai - nous serons - intransigeants sur le rendez-vous qui nous attend à l’horizon 2016 – autant dire demain – dans le cadre des rapprochements d’intercommunalités.
C’est une période charnière pendant laquelle il faut mettre nos égos de côté, il faut oublier le réflexe de faire « bande à part ».
Nous avons un temps – bref - où cette solidarité de façade dans laquelle tout le monde se conforte depuis dix ans doit être abandonnée, car la camaraderie ne suffit plus et je l’ai trop bien compris au cours de nos échanges ces derniers temps.
Alors oui, plutôt que de faire des affirmations, j’ai souhaité poser plusieurs questions qui au fond se rejoignent toutes : Que veux-tu faire, toi Michel, pour l’avenir de Marne-et-Gondoire ? Vers quel destin souhaites-tu tous nous guider ? Car, que nous soyons solidaires ou non, il n’y a qu’une seule issue pour le développement de notre territoire et tu le sais bien !
Tu connais mon tempérament, on me le reproche souvent, je n’ai jamais cautionné la défiance par la politique de la chaise vide ! J’aime dire les choses franchement !
Construire est ma seule ambition, Contribuer est mon principal engagement !
Mes prédécesseurs à Montévrain ont nié le fait intercommunal et dénigré la ville nouvelle.
Dès mon accession, j’ai tourné notre ville vers Marne et Gondoire car je suis un fervent partisan de l’intercommunalité.
La mutualisation est le cœur de mon activité professionnelle mais c’est également le sens de mon action au service du territoire ; oui, je suis avant tout un militant du développement territorial plus qu’un « politicien ».
Je n’ai pas de souci à promouvoir plus d’intégration, je n’ai pas peur des fusions de territoire à la condition expresse qu’elles soient correctement préparées en amont.
Ici, dans cette salle du conseil, Michel, le seul parti c’est Marne et Gondoire !
Ma loyauté pour le développement de notre territoire est sans faille.
Et j’entends nos administrés qui nous regardent et attendent de notre part plus de démocratie, encore plus de transparence…
Michel, tu as fait une partie du chemin, une bonne partie du chemin, tu as jeté les bases d’une intercommunalité reconnue.
Aujourd’hui se pose la question de la gouvernance et de l’avenir.
Michel, nous devons parachever le pacte républicain sur notre territoire au risque de voir dériver Marne et Gondoire comme un navire à l’abandon.
Tous les projets que nous avons concrétisés seraient la proie d’appétits féroces.
Nous ne pouvons l’accepter, je ne l’accepterai pas.
Je te remercie des réponses que tu pourras nous apporter,
Je vous remercie