Être un élu local, c'est avant tout d'avoir le sens des gens !
18 Juillet 2014
Notre organisation administrative date de la Révolution française.
Il y a deux siècles, il y avait urgence à déchristianiser l'administration, c'était la première étape de la laïcité à la française.
Les départements ont succédé aux diocèses et les communes aux paroisses. Cet acte de réaction légitime est le socle de notre France actuelle.
Dans un souci de décentralisation et de développement des pôles économiques, les Régions ont été créés, 22 en métropole.
Certaines regroupent des ensembles territoriaux que l'histoire n'avait pas rapproché mais qui y sont néanmoins parvenus grâce à cette opportunité.
Aujourd'hui, fort de ce passif administratif et au mépris de toutes les réflexions antérieures (je pense à la réforme Balladur-Marleix de 2009), le gouvernement actuel a décidé d'engager une réforme en cati-mini, sans concertation, sans étude sérieuse, cédant aux caprices de certains potentats locaux, ce qui est haïssable en République.
Cette réforme prévoit de réduire le nombre des régions actuelles, pour quel avantage? aucun ne semble satisfaire quiconque.
Aujourd'hui cette réforme n'offre que des insatisfactions et j'y vois trois aspects:
1 - Cette réforme n'est pas courageuse, elle ne donne pas les moyens à la Région Ile-de-France d'être une grande région d'Europe (comme un länd allemand) ou simplement, une grande région du monde.
2 - Cette réforme n'est pas courageuse car, elle nie la possibilité de redéfinir les frontières de certaines régions, ce qui aurait permis à des ensembles cohérents d'émerger. Bâtir 14 ou 13 régions sur 22 existantes sans prendre en compte l'échelle départementale est une hérésie
3 - Cette réforme n'est pas courageuse, car elle tourne le dos, un mois après les élections, aux régions d'Europe. Même si nos "circonscriptions" d'élection ne sont pas des espaces administratifs, rien n'empêchait d'être aussi audacieux que nos Pairs il y a deux siècles, en posant des bases claires: Quelles sont les grandes communautés urbaines (ou futures mégapoles) autour desquelles il est possible de promouvoir le développement d'une région.
Mais voilà, cette réforme n'est pas courageuse et une fois encore, nous allons faire les frais de l'amateurisme latent qui nous gouverne depuis plus de deux ans.